Spectacle d'après le roman La Tresse de Laetitia Colombani, adapté mis en scène par Johanna Boyé avec Magali Caillol, Laetitia Colombani, Laurent Guillet ou Jean-François Prigent, Blanche Leleu, Marina Pangos, Lara Tavella .

Le roman écrit par Laetitia Colombani publié en 2017 a connu dès sa sortie un vrai succès public. Il a été traduit en plus de 40 langues et fait l'objet d'un film (réalisé par l'écrivaine). L'attente était donc grande pour cette adaptation au théâtre (même si le texte a déjà donné lieu à un seul-en-scène).

La fidélité au roman est assurée car c'est Laetitia Colombani elle-même qui a réalisé cette adaptation et puis c'est elle en narratrice, qui raconte sur scène cette histoire. La mise en scène est confiée à Johanna Boyé qui avait déjà excellée pour mettre en scène une distribution féminine avec Les Filles aux mains jaunes.

Trois récits sur trois continents vont lier le destin de trois femmes : une petite indienne intouchable qui s'enfuit avec sa mère, la fille du patron d'un atelier artisanal de perruques en Italie confrontée à la mort de son père et la faillite de l'entreprise et une avocate frappée par un cancer au Canada.

Décidement, Johanna Boyé sait raconter une histoire. Elle le prouve une nouvelle fois avec ce récit triple qui dès le départ vous prend par la main pour ne plus vous lâcher. La partition musicale, magistralement écrite par Mehdi Bourayou et Laurent Guillet (qui l'interprète à la guitare) sert de liant tout au long de ce spectacle au rythme rapide mais extraordinairement apaisant, que les lumières fines de Cyril Manetta magnifient.

Les différents tableaux s'enchaînent avec une vraie fluidité et une grande douceur grâce à la patte de Johana Boyé et au grand talent de toutes les comédiennes qui impressionnent par leur capacité à passer à grande vitesse d'un personnage à un autre.

A côté de Laetitia Colombani qui est une parfaite narratrice d'une sobriété et d'une humilité bienvenues, Magali Caillol est déchirante en mère, Blanche Leleu, bouleversante en avocate débordée, Marina Pangos aussi crédible en jeune italienne qu'en stagiaire aux dents longues et Lara Tavella, une poignante Lalita.

Sans jamais tomber dans le pathos, Johanna Boyé réalise un travail de dentellière d'une délicatesse et d'une grâce infinies pour lier ces trois destins avec une direction au cordeau et toujours une grande pureté.

"La Tresse" se révèle être une pièce d'une humanité universelle qui n'impose aucun message sinon celui qu'on veut y trouver... Une merveilleuse réussite.

Coup de coeur !