Derrière ce nouvel album d’Imbert Imbert se trouve une histoire familiale, celle de son paternel qui à ses premiers balbutiements, a eu le dos dévoré par le feu. Vivant une grande partie de son enfance dans les hopitaux, cela fit naître en lui le désir de rester debout mais aussi la volonté d’apprivoiser le feu.

Son fils, Imbert Imbert avait 11 chansons, 11 titres pour rendre hommage à feu son père, Dominique Imbert, émissaire du feu. 11 titres pour un album qui ne pouvait que se nommer Petit journal du feu. Comme une évidence.

Cet album, au-delà d’être un hommage à ce père, c’est aussi le travail ou l’accomplissement de musiciens et de musiciennes qui l’ont enregistré. Car Imbert Imbert n’est ici pas un solitaire, il s’accompagne d’un quartet avec qui il travaille depuis des années, composé de Brunoi Zarn à la guitare folk, de Mathieu Werchowski au violon, de Laurent Paris aux percussions et de Lucie Delmas au marimba. N’oublions pas les chœurs qui accompagnent aussi avec Ader et Esther Mariot qui embellissent ce très bel album. A cela s’ajoute un invité de marque René Lacaille, accompagné de son accordéon, présent sur quatre titres.

Dans cet album très chanson française qui manie aussi bien le rock et le jazz, Imbert Imbert nous dévoile un parcours de vie, celui de son père, bouleversant et en musique bien sûr. On est dans la poésie, c’est évident, avec des paroles justes et touchantes, portées par des musiques délicates. On y retrouve toujours cette contrebasse qui le suit depuis toujours mais l’artiste fait quand même le choix dans cet album de laisser une place conséquente aux autres musiciens. On y retrouve certains titres particulièrement émouvants comme "Je bronze (à ton silence)" ou encore "Comme on reçoit".

Le deuil, les silences qui suivent une disparition et ceux qui peuvent rester de ceux qui sont partis sont au cœur des textes de cet album. L’artiste n’a pas peur de s’exposer en nous proposant ce disque particulièrement personnel, comme s’il nous faisait entièrement confiance pour comprendre ce qu’il ressent.

Il nous offre un magnifique album, superbement écrit, avec ce père et le feu qui deviennent le fil directeur de ce disque, avec une "Virgule" (titre du septième morceau), titre instrumental présent au milieu de l’album qui permet à l’artiste de reprendre son souffle pour pouvoir ensuite souffler sur les flammes des derniers morceaux pour attiser ce feu incandescent qui traverse le disque.

Musicalement, l’apport des autres instruments est particulièrement important et intéressant, sans compter qu’il rend l’écoute encore plus agréable, accompagnant la basse à merveilles. Une sorte de dialogue se met en place entre celle-ci et le marimba, le violon mais surtout l’accordéon parfait de René Lacaille. On s’éloigne de la musique expérimentale qu’Imbert Imbert a mis en place sur d’autres projets pour retrouver ce que j’aime chez cet artiste, à savoir sa simplicité ; sa sincérité, sa musicalité simple sans être simpliste pour nous proposer un magnifique album porté sur l’intime et le recueillement.

C’est donc un sixième album particulièrement réussi que nous propose Imbert Imbert, une petite pépite.