Pièce de Jean Giraudoux mise en scène par Christel Pourchet avec Etienne Ménard, Christel Pourchet, Samuel Giuranna, Pauline Joquel, Barbara Castin (en alternance).

Une pièce assez peu connue de Giraudoux, écrite en 1942 pour Louis Jouvet alors en exil.

Tout commence à l'Office des Grands et Petits Inventeurs, bureau qui est lui-même une invention de l’auteur mais qui mériterait d'y figurer. Pour autant, l’histoire pourrait se passer partout où la hiérarchie, le pouvoir et la phallocratie opèrent.

Suivant les conseils d’un inconnu pétri de bonnes intentions, une jeune femme applique une formule qui lui ouvrira toutes les portes de la séduction et du pouvoir.

Cette farce nous renvoie à notre propre apparence, à l’image qu'on s’en fait et à celle que l’on projette aux autres. Elle est aussi une satire des méthodes de séduction et de flatterie mis en œuvre quand on est prêt à tout pour arriver à ses fins, tel un Maître Renard envieux.

Le texte de Giraudoux est d’une intelligence et d’une malice jubilatoires. Un bijou de précision et de concision au vocabulaire riche. Aucun mot n’est en trop et chaque phrase est à sa place. Les comédiens sont justes et renvoient le plaisir qu'ils ont de jouer ces mots face à un public charmé.

Étienne Ménard est parfait dans le rôle titre. Sage et mystérieux, il se glisse dans le costume de Louis Jouvet avec aisance et une certaine intensité.

La mise en scène de Christel Pourchet reste sobre, au service d'un texte plein de fantaisie.

L’ajout de chansons contemporaines à la création de la pièce est une trouvaille qui est un vrai plus. Elles aèrent les scènes et nous ancrent dans la période de l'intrigue. Elles font de ce spectacle un pur moment de divertissement intelligent.

On ne demande rien de plus à une pièce de théâtre.